Les garageux lo-fi psyché glam de Perpignan sortent leur nouvel album ces derniers jours, il paraitrait qu'il est déjà disponible dans les meilleures crèmeries de France (Born Bad,...) et que c'est un bon cru,
de ce que j'ai pu en écouter, il m'a l'air plus "lancinant", plus chétif, moins frontal que le premier, mais tout cela m'a l'air bien solide et plutôt inspiré, et devrait donc plaire à la cohorte des amateurs de son pysché lo-fi.
Hier, je fêtais mes 28 petites bougies (et oui les mods ne sont pas que des cinquantenaires aigris issues du mouvement revival), et j'ai eu envie de me faire plaisir et vous faire plaisir par la même occasion!
Voici donc une petite compilation de mes morceaux préférés dans un style que je vénère, la power pop.
Pas d'obscurité ici, que du classique, mais quel bonheur de se les enchaîner!
Enjoy folks...
Tracklist :
1 - Big Star - September Gurls
2 - Really 3rds - Everyday, everyway
3 - Shoes - Tomorrow Night
4 - The Barracudas - I can't pretend
5 - The Beat - Rock'n'roll girl
6 - The DB's - Black and white
7 - The Flamin' Groovies - Shake some action
8 - The Last - Century city rag
9 - The Last Stands - Just a number
10 - The Nerves - When you find out
11 - The Orbits - Make the rules
12 - The Records - Starry Eyes
13 - The Rubinoos - I wanna be your boyfriend
14 - The Breakaways - Walking out on love
15 - The Poppees - Jealousy
16 - The Dentists - I had an excellent dream last night
Il est des disques qui n'ont l'air de rien, tout en étant agréables, à première écoute, et qui s'installent de façon insidieuse dans le cerveau de l'auditeur. Je crois que ce disque, je dois l’écouter plusieurs fois par semaine depuis plusieurs mois, alors que la culture du zapping, à laquelle il m’arrive de succomber, nous incite à rapidement passer à autre chose, et que les sorties ne manquent pas en ce moment.
Les Ugly Beats, sur ce Bring on the Beats! sorti sur Get Hip en 2005, premier opus du groupe (deux ont suivi), proposent une musique pleine de charme et d’énergie. De la power pop à forte infusion 60s, qui vient autant puiser dans la flamboyance anglaise des Who, des Kinks ou des Beatles, mais garde au moins un pied dans l’héritage américain du garage US et de la musique californienne des années psychédéliques (Byrds, Buffalo Springfield).
Fylti Rich n’est pas d’ailleurs sans rappeler les Byrds reprenant le bon vieux Dylan.
Les petites perles s’enchainent comme sur un joli collier, et ce sens de la mélodie joliment troussée, pourtant pas grandiloquente, parcoure tout l’album.
Ce qui frappe surtout, c’est la dynamique et la qualité du son. C’est pas très « produit » mais chaque instrument ressort divinement bien, les guitares se questionnent et se répondent avec un son scintillant mais sec, de façon superbe. Celles-ci sont souvent accompagnées d’un petit orgue chétif qui vient inscrire des boucles mélodiques absolument ravissantes.
Mais les voix sont le grand atout du disque, souvent entremêlées dans des harmonies subtiles et attachantes, elles restent dans la tête et font décoller les morceaux. La voix du chanteur est belle et intimiste, toute en espièglerie.
Il est des disques qui resteront, car l’humilité qu’ils dégagent et la saveur charmante à l’extrême des mélodies l’exigent ; des disques qui réconfortent et nous ramènent à l’essentiel, le caractère éphémère et exaltant de la vie. Bring on the Beats! fait indéniablement partie de ces albums là.
Bon je vais, une fois n'est pas coutume, faire un peu de prosélytisme pour ma bonne chapelle, votre formation garage soul power pop parisienne préférée, les bien nommés Rivals !
Pour info, le single sorti sur Close Up Records est toujours disponible en vinyle dans pas mal de bonnes crèmeries et bientôt en téléchargement mp3 (je l'espère!), pour les anti rétro dépourvus de platine :
Crystal Stilts est le genre de formation complexe à constamment naviguer entre ombre et lumière, malédiction et salvation. Quand leur premier album, pesant et flamboyant à la fois, penchait clairement du côté de l'obscurité, leur seconde production (outre quelques singles bien sentis), se fait plus légère et scintillante, que ce soit au sens propre (les guitare carillonnent allègrement sans être jangly) que figuré (on ressent une musique plus apaisée et positive).
Les américains donnent toujours dans le surfgaze mélodique et de haute volée, plus pop que jamais. L'écho sur la voix est leur véritable marque de fabrique, sans que ceci ne soit discréditant et confonde le propos. Le premier morceau, Sycamore Three, impose une ambiance pesante grâce à une ligne de basse entêtante, mais la suite donnera tord à ces vélléités obscures, ce morceau étant peut être le pont de liaison entre les deux albums.
Car arrive Through the Floor, surement un des meilleurs morceau de l'album, à la mélodie imparable et aux superbes guitares qui groovent à contre temps; on se prend à voyager, loin, très loin, aux confins de l'univers comme la pochette (superbe) le laisse à penser.
Silver Sun fait pencher les influences du côté californien, et des Byrds période Gene Clark en particulier, avec ces guitares très jangly. Ce morceau vient s'ajouter à la liste des potentiels tubes de ce disque, même si la musique des New Yorkais ne devient jamais putassière et reste totalement intègre.
Le reste du disque, outre Alien Rivers qui ralentit le tempo, se situe dans la même lignée résolument pop et lumineuse. Half The Moon nous fait pensé à leur excellents collègues californien, les Fresh&Onlys. Shake the Shackles et ces guitares/orgues qui s'entremêlent joyeusement devraient passer à heure régulière sur toutes les radios dignes de ce nom (ça en élimine pas mal, de ce fait). Precarious Stair, gong à l'appui, est un brulot garage psyché aussi efficace qu'évident.
La fin de l'album ne baisse pas en intensité et offre trois classiques dont un dernier morceau très velvetien qui n'est pas sans nous rappeler Run, Run, Run de la bande de Lou.
Descendu par Magic, cet album est surement mon petit préféré de l'année 2011 à date et sera dur à déloger tant il alligne constance, honnêteté et variété, et surtout une collection de sacrés bons morceaux que peu de formations actuelles sont capables de produire.
Beat Mark - Howls of Joy (2010, Final Taxi records)
Il sort assez peu de disques français de qualité pour faire un pont d'honneur médiatique quand cela se produit, et pour sur que cette chronique dans ce blog d'importance offrira un véritable coup de projecteur à Beat Mark; oui, il faut savoir afficher ses ambitions, même quand la réalité les contredit. Les cinq parisiens, officiant déjà dans de multiples formations de qualité (Adam Kesher, This is pop, Yussuf Jerusalem...), sortent leur premier LP sur Final Taxi records (?), et nous livre une des meilleurs production française de l'année. Ici, donc, 13 morceaux pop d'une fraicheur extrême, à cheval sur les 60s et les 80s, le tout nappé d'une bonne dose de reverb. On pense aux vaselines, aux pixies, et même au velvet underground. Les voix masculines et féminines s'entremèlent ce qui donne un charme fou à l'ensemble. Comme il l'affirme dans une interview donné au magazine Vice, c'est leur projet "revival", mais la qualité des morceaux et l'universalité des mélodies furieusement pop donne un écho très actuel à l'ensemble et s'écoutera sans nostalgie omniprésente. une préférence pour les titres What I want the most (très smithien je trouve), Breezing, qui éclate aux oreilles comme un hymne pop incandescent, et Odd Machine, 60s psych-a-gogo.
Un disque, empli de fantôme vaporeux et conviviaux, qui va nous hanter longtemps!
The Embrooks - Yellow Glass Perspections (2004, Munster records)
Les Embrooks ne sont pas beaux mais ils envoient du bois, voilà comment j'aurais pu résumer cette chronique. En cette période tourmentée, ou l'on essaye de nous faire gobber n'importe quelle geignard indie folk pour le nouveau Dylan, il semble approprié de se tourner vers les valeurs sures. Tandis que d'autres sont tentés de rechercher le cross-over shoegaze/indie/garage/pop/psyché ultime, les Embrooks ne sortent pas des frontières d'un freakbeat 60s puissant et racé, lustré comme le capo d'une mazzeratti roulant bruyamment, et à toute berzingue. Mais ils ne se précipitent pas, les tempos sont bien posés, ce qui amplifie la classe de ce disque. Les mélodies ne sont pas en reste, et le traitement de la voix est particulièrement réussit avec cet écho léger et classieux si cher à leurs géniteurs anglais, et rend le chant puissant sans être braillard. En effet, sur ce disque, trainent en permanance les fantômes des grands groupes freakbeat et psychédéliques anglais de la fin des sixties, The Move, Creation (ils reprennent d'ailleurs Tom Tom en live), Sorrows, Birds, Attacks et autres Yardbirds période Jeff Beck en tête de cortège. Tout cela est grandement organique, la batteuse se déchaine comme une Keith Moon imprécise et survoltée, la basse pose l'ensemble, et les guitares emplies de fuzz ronde donnent de grand saillies chevalresques. En 2004, les Embrooks sauvaient (presque) le rock'n'roll avec cette démonstration de purisme 60s sans jamais aller de l'avant car pas totalement révérencieux, et (presque) personne ne le savait; à part Nicolas ungemuth peut être, dont on n'a jamais pu vraiment lui reprocher son manque de goût, qui portait ce disque album du mois du numéro 447 de rock'n'folk. Quand le fond est là (les morceaux, excellents), la forme prend des attraits encore plus scintillants (le son, flamboyant)